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Hub grossesse en santé

Fluoxétine (Prozac®)

Dernière mise à jour: 30 septembre 2026

Médicament
Bienvenue sur notre fiche informative sur la fluoxétine pendant la grossesse et l’allaitement. Ces informations sont basées sur les publications scientifiques disponibles. Elles ne remplacent pas les conseils personnalisés de votre équipe soignante.

L’équipe du HUB GROSSESSE en SANTÉ collabore avec MotherToBaby pour vous partager de l’information sur ce sujet. La version originale est disponible ici (juin 2026).

Serene, notre chatbot, peut aussi répondre à vos questions sur les médicaments durant la grossesse.

Prenez note que cette fiche informative est basée sur celle de MotherToBaby qui est basée sur des données américaines et a été réviser par nos expertes et experts canadiens. Des différences mineures existent entre les deux pays. Vérifier toujours auprès de votre professionnelle ou professionnel de la santé pour des informations adaptées à votre situation.

1. Qu’est-ce que la fluoxétine ?

La fluoxétine est un médicament utilisé pour traiter la dépression, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), le syndrome de Gilles de la Tourette, la boulimie nerveuse, le trouble panique et le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Elle est aussi parfois utilisée pour traiter le trouble dysmorphique corporel, les bouffées de chaleur, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et le phénomène de Raynaud. Aux États-Unis, la fluoxétine est vendue sous plusieurs noms commerciaux, dont Prozac®, Prozac Weekly®, Rapuflux®, Selfemra® et Sarafem®. Elle fait partie de la famille des antidépresseurs appelés inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Pour en savoir plus sur la dépression ou l’anxiété pendant la grossesse, consultez nos fiches informatives associées.

Parfois, quand une personne apprend qu’elle est enceinte, elle peut penser à changer ou à arrêter complètement ses médicaments. Mais, il est très important de parler avec votre équipe soignante avant de faire des changements à votre traitement. Elle peut discuter avec vous des avantages du traitement et des risques associés à une dépression ou à un autre problème de santé mentale non traité pendant la grossesse.

Si vous souhaitez arrêter ce médicament, votre prestataire de soins pourrait vous recommander de diminuer la dose petit à petit plutôt que de l’arrêter d’un seul coup. Chez certaines personnes, les symptômes peuvent réapparaître (rechute) lorsqu’elles arrêtent la fluoxétine pendant la grossesse. Si vous cessez de prendre ce médicament, il est important d’avoir d’autres formes de soutien en place, comme de la thérapie ou une psychothérapie, ainsi qu’un plan pour reprendre le traitement après l’accouchement, si nécessaire. Arrêter la fluoxétine d’un coup pourrait causer des symptômes de sevrage chez certaines personnes. On ne sait pas encore si ces symptômes peuvent avoir un effet sur la grossesse, ni lequel.  

2. Que dit la recherche sur les risques pendant la grossesse ?

Je prends de la fluoxétine. Est-ce que ça peut diminuer mes chances d’avoir une grossesse ?

La fluoxétine a été étudiée chez des personnes qui recevaient des traitements de fertilité parce qu’elles avaient déjà de la difficulté à être enceintes. Dans ces études, les personnes qui prenaient de la fluoxétine sont devenues enceintes au même taux que celles qui n’en prenaient pas.

Est-ce que la prise de fluoxétine augmente le risque de fausse couche ?

Les fausses couches sont fréquentes et peuvent arriver dans n’importe quelle grossesse pour plusieurs raisons. Un petit nombre d’études n’a pas montré d’augmentation du risque de fausse couche quand la fluoxétine est utilisée pendant la grossesse. 

Est-ce que la prise de fluoxétine augmente le risque de malformations congénitales ?

Parmi tous les bébés qui naissent chaque année, environ 3 sur 100 (3 %) ont une malformation congénitale. Les scientifiques réalisent des études pour savoir si une exposition, comme la prise de fluoxétine, peut augmenter le risque de malformations congénitales pendant la grossesse.  

Certaines études ont trouvé une augmentation du risque de malformations du cœur ou d’autres malformations congénitales avec l’utilisation de fluoxétine. Toutefois, la plupart des études n’ont pas montré d’augmentation du risque de malformations congénitales avec la fluoxétine, et aucune augmentation du risque de malformations congénitales directement liée à la fluoxétine n’a été prouvée.  

Plus de 10 000 grossesses exposées à la fluoxétine pendant le premier trimestre, soit la période où se forment la plupart des organes du bébé, ont été étudiées. Aucun type particulier de malformations congénitales n’a été observé. Dans l’ensemble, selon les recherches actuelles, la fluoxétine ne devrait pas augmenter le risque de malformations congénitales. 

Est-ce que la prise de fluoxétine pendant la grossesse augmente le risque d’autres complications ?

Certaines études ont trouvé un risque plus élevé de naissance prématurée (avant 37 semaines) ou de faible poids à la naissance (moins de 5 livres et 8 onces [2 500 grammes]) avec l’utilisation de fluoxétine pendant la grossesse. Mais, les études montrent aussi que lorsque des problèmes de santé comme la dépression ou l’anxiété ne sont pas traités ou pas assez traités pendant la grossesse, le risque de complications de grossesse comme la naissance prématurée peut aussi augmenter. Il est donc difficile de savoir si ces risques sont liés au médicament, au problème de santé sous-jacent ou à d’autres facteurs. 

Certaines études, mais pas toutes, ont trouvé que les bébés exposés aux ISRS pendant la deuxième moitié de la grossesse pourraient avoir un risque plus élevé d’une maladie pulmonaire grave appelée hypertension pulmonaire persistante chez le nouveau-né (HAPPN). Cette complication touche environ 1 à 2 bébés sur 1 000. Une analyse récente regroupant les résultats de plusieurs études a rapporté que le risque de (HAPPN) pourrait être plus élevé avec l’utilisation d’ISRS pendant la grossesse. Mais, on ne sait pas si cette augmentation est liée au médicament ou à d’autres facteurs plus fréquents chez les personnes qui prennent des ISRS, comme le tabagisme. Dans l’ensemble, lorsque des ISRS sont utilisés pendant la grossesse, le risque de HPPN est inférieur à 1 sur 100 (moins de 1 %). 

Je dois prendre de la fluoxétine pendant toute ma grossesse. Est-ce que mon bébé aura des symptômes de sevrage après la naissance ? 

La prise de fluoxétine pendant la grossesse, surtout au troisième trimestre, peut causer des symptômes temporaires chez certains nouveau-nés peu après la naissance. Ces symptômes sont parfois appelés symptômes de sevrage. Ils peuvent inclure de l’irritabilité, de l’agitation, des pleurs importants, une raideur musculaire, des difficultés à respirer, un sommeil inhabituel, des tremblements (frissons) ou des difficultés à s’alimenter. Dans la plupart des cas, les symptômes sont légers et disparaissent en quelques semaines sans traitement, ou seulement avec des soins de soutien (soins pour soulager les symptômes). Ce ne sont pas tous les bébés exposés à la fluoxétine qui auront des symptômes. Le risque de symptômes de sevrage pourrait être plus élevé si d’autres médicaments psychiatriques sont aussi pris avec la fluoxétine pendant la grossesse. Il est important que votre équipe soignante sache que vous prenez de la fluoxétine pour que votre bébé puisse recevoir les soins appropriés si des symptômes apparaissent. 

Est-ce que la prise de fluoxétine pendant la grossesse peut affecter le comportement ou l’apprentissage de l’enfant plus tard ? 

Quelques études ont suivi le développement d’enfants âgés de 16 mois à 7 ans et n’ont pas trouvé de différence entre les enfants exposés à la fluoxétine pendant la grossesse et ceux qui ne l’avaient pas été. La plupart des études n’ont pas montré d’augmentation du risque de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants exposés aux ISRS comme la fluoxétine pendant la grossesse. La plupart des études n’ont pas non plus montré d’augmentation du risque de trouble du spectre de l’autisme (TSA) après avoir pris en compte d’autres facteurs, comme le problème de santé du parent. 

3. Est-ce que je pourrai allaiter pendant la prise de fluoxétine ?

La fluoxétine passe dans le lait maternel de façon modérée et la plupart des études ne rapportent pas d’effets secondaires chez les bébés allaités. Dans un petit nombre de cas, de l’irritabilité, des vomissements, de la diarrhée et des troubles du sommeil ont été observés. Une étude a observé une prise de poids un peu moins rapide chez certains bébés exposés à la fluoxétine par le lait maternel. Mais, cela est surtout préoccupant seulement si le bébé avait déjà de la difficulté à prendre du poids. Une autre étude a montré que le développement physique et mental des bébés exposés à la fluoxétine par le lait maternel était normal pendant leur première année de vie. Si vous pensez que votre bébé présente des symptômes comme de l’irritabilité, des vomissements, de la diarrhée, des difficultés à dormir ou ne prend pas assez de poids, communiquez avec un.e prestataire de soins qui s’occupe de votre enfant. 

Certaines anciennes étiquettes de la fluoxétine recommandaient aux personnes qui allaitent de ne pas utiliser ce médicament. Les étiquettes du fabriquant plus récentes ne contiennent pas cette recommandation. Les avantages de traiter votre problème de santé pourraient être plus importants que les risques possibles associés à une maladie non traitée. Votre équipe soignante pourra discuter avec vous de l’utilisation de la fluoxétine et vous aider à choisir le traitement le mieux adapté à votre situation. N’hésitez pas à poser toutes vos questions sur l’allaitement à votre équipe soignante.

4. Les pères et les donneurs de sperme

Si une personne de sexe masculin prend de la fluoxétine, est-ce que cela peut affecter sa fertilité ou augmenter le risque de malformations congénitales ? 

La fluoxétine et d’autres ISRS peuvent causer des effets secondaires sexuels, comme une diminution du désir sexuel ou des problèmes d’éjaculation. Ces effets peuvent avoir un effet sur la fertilité chez les personnes de sexe masculin (la capacité à produire des spermatozoïdes en bonne santé). Des études menées auprès d’un petit nombre de personnes de sexe masculin ont montré que l’utilisation de fluoxétine à long terme pourrait avoir un effet sur la qualité des spermatozoïdes, même si celle-ci demeurait dans les valeurs normales. La qualité des spermatozoïdes s’est améliorée après l’arrêt de la fluoxétine. En général, les médicaments pris par les personnes de sexe masculin ont peu de chances d’augmenter les risques pour la grossesse. Pour plus d’informations, consultez la fiche informative de MotherToBaby sur les expositions paternelles (en anglais) ici.  

Points-clés

  • La fluoxétine est un antidépresseur de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) utilisé pour traiter la dépression, l’anxiété et d’autres problèmes de santé mentale.  
  • Les études actuelles ne montrent pas que la fluoxétine augmente le risque de malformations congénitales.  
  • Certaines études ont trouvé un risque un peu plus élevé de naissance prématurée ou de faible poids à la naissance. 
  • La prise de fluoxétine en fin de grossesse peut causer des symptômes temporaires chez certains nouveau-nés qui disparaissent généralement en quelques semaines et ne remettent pas en cause la poursuite du traitement en fin de grossesse.  
  • La fluoxétine passe dans le lait maternel de façon modérée, mais la plupart des études n’ont pas montré d’effets secondaires chez les bébés allaités.  
  • Chez les personnes de sexe masculin, la fluoxétine peut diminuer le désir sexuel ou affecter temporairement la qualité des spermatozoïdes, mais elle ne devrait pas augmenter les risques pour une grossesse.  
  • Parlez toujours avec votre prestataire de soins avant de commencer, de modifier ou d’arrêter la fluoxétine pendant la grossesse ou l’allaitement.

Références

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Bien que la consultation des symptômes ou autres informations médicales sur notre plateforme puisse orienter vos échanges avec votre professionnel de la santé, ces informations ne doivent en aucun cas être utilisées pour poser un diagnostic médical ou déterminer un traitement.

Avant d’apporter des modifications à votre régime de compléments alimentaires ou de médicaments, veuillez discuter avec votre équipe médicale ou contacter le 811 (Canada) pour garantir la pertinence de ces changements pour votre situation individuelle.

Crédits
Laurie Beauvilliers
Université de Montréal
Judith Cottin
Sherif Eltonsy
Université du Manitoba
Catriona Hippman
Université de la Colombie-Britannique
Émy Roberge
Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine

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